Un patient m’a demandé, avant sa première séance, ce que devenaient les informations échangées pendant une consultation en visio. Qui peut y avoir accès ? Où sont-elles stockées ? Cette question, rarement posée en cabinet, revient plus souvent dès qu’un écran s’interpose.
Ce que j’observe, c’est que cette inquiétude est légitime, et qu’elle mérite une réponse précise plutôt qu’une simple formule rassurante. En France, l’hébergement des données de santé est encadré par une certification obligatoire, délivrée sous l’autorité de l’Agence du Numérique en Santé. Cet article explique concrètement comment la sécurité des données en visio est garantie, et quelles précautions restent de votre côté.
Le secret professionnel s’applique-t-il de la même façon en visio ?
Oui, sans aucune différence. Le secret professionnel s’impose au psychothérapeute quel que soit le canal utilisé, cabinet ou visio. Il est encadré par le code pénal, qui sanctionne toute divulgation d’informations confiées dans un cadre thérapeutique. Cette obligation existe depuis bien avant l’apparition de la visioconférence : elle s’applique simplement à un nouveau canal de communication, sans que son contenu ni sa portée légale ne changent réellement.
Ce cadre légal protège le contenu des séances, mais pas automatiquement la technique utilisée pour les mener. C’est là qu’intervient un second niveau de protection, propre au numérique : la sécurité des données en visio elle-même. Ces deux niveaux se complètent, sans se substituer l’un à l’autre. Le premier concerne ce qui se dit en séance, le second concerne la façon dont cela transite techniquement d’un écran à l’autre.
Que dit la loi sur la sécurité des données en visio, en France ?
Les données de santé sont classées comme données sensibles par le RGPD. En France, tout organisme qui héberge ces données doit détenir une certification spécifique, appelée HDS, pour Hébergeur de Données de Santé. Cette obligation existe depuis 2018 et s’applique à tout prestataire technique qui stocke ou traite ce type d’informations, y compris les outils utilisés pour des séances de psychothérapie en ligne.
Cette certification impose des exigences strictes : chiffrement des échanges, traçabilité des accès, localisation des serveurs, et audits réguliers. Elle est délivrée sous l’autorité de l’Agence du Numérique en Santé, qui encadre ce dispositif au niveau national. Un hébergeur certifié doit démontrer, par un audit indépendant réalisé par un organisme accrédité, qu’il respecte l’ensemble de ces exigences avant d’obtenir la certification.
Un praticien sérieux utilise donc des outils conformes à ces exigences pour ses séances en visio, et pas une simple application grand public sans garantie particulière. Cette distinction n’est pas toujours visible pour le patient, ce qui justifie de poser directement la question si un doute subsiste.
Quelles précautions prendre pour une séance en visio sécurisée ?
Utiliser un lien de connexion chiffré, envoyé juste avant la séance. Un lien permanent, réutilisé semaine après semaine, présente davantage de risques qu’un lien à usage unique.
Éviter le réseau wifi public. Une connexion domestique ou un partage de connexion personnel reste préférable pour une séance sensible, plutôt qu’un wifi ouvert dans un lieu public.
Vérifier qu’aucun enregistrement n’a lieu. Une séance de thérapie ne doit jamais être enregistrée sans un accord explicite des deux parties, quel que soit le motif invoqué.
Se méfier des outils non professionnels. Certaines applications grand public de visioconférence ne sont pas conçues pour héberger des données de santé, même si elles fonctionnent techniquement pour un appel vidéo.
Fermer les autres applications pendant la séance. Une notification ou un partage d’écran accidentel peut exposer une conversation confidentielle à une autre personne présente dans la pièce, ou à un logiciel tiers en arrière-plan.
Ce que j’observe dans mon cabinet à Strasbourg
Une patiente m’a un jour demandé, avant de réserver sa première séance en visio, si je pouvais lui garantir que personne d’autre que moi n’aurait accès à nos échanges. Je lui ai expliqué le fonctionnement de l’outil que j’utilise, sa certification, et les raisons pour lesquelles il diffère d’une simple application de visioconférence grand public. Cette explication, plutôt qu’une promesse vague, a suffi à la rassurer. Elle a démarré son suivi la semaine suivante, sans reformuler la question par la suite.
Un autre patient m’a demandé, en cours de suivi, de supprimer certaines notes prises pendant nos séances. Cette demande relève d’un droit réel, prévu par le RGPD pour toute donnée personnelle, y compris de santé. J’y ai répondu directement, en lui expliquant ce qui pouvait être supprimé et ce qui devait légalement être conservé un temps minimal. Cet échange, loin de créer une distance entre nous, a plutôt renforcé la confiance nécessaire à la suite du travail thérapeutique.
Questions fréquentes
Le secret professionnel s'applique-t-il aux séances en visio ?
Oui, exactement de la même façon qu’en cabinet. Le secret professionnel protège le contenu des échanges, quel que soit le canal utilisé pour la consultation.
Une séance en visio peut-elle être enregistrée par le thérapeute ?
Non, pas sans l’accord explicite du patient. Un enregistrement de séance sans consentement constitue une atteinte au secret professionnel et à la vie privée.
Peut-on demander la suppression de ses données après une thérapie en visio ?
Oui, ce droit existe pour toute donnée personnelle, y compris de santé. Certaines informations doivent cependant être conservées un temps minimal, selon les obligations légales du praticien.
Le wifi public est-il risqué pour une séance de thérapie en visio ?
Oui, dans une certaine mesure. Un réseau wifi ouvert expose davantage les échanges qu’une connexion domestique ou un partage de connexion personnel, surtout pour un contenu aussi sensible qu’une séance thérapeutique.
Que se passe-t-il si mon thérapeute change d'outil de visioconférence en cours de suivi ?
Il est légitime de demander pourquoi ce changement intervient et si le nouvel outil respecte les mêmes garanties de sécurité. Un praticien transparent explique ce type de changement plutôt que de le faire sans en informer ses patients.
Les données échangées en visio sont-elles conservées après la fin du suivi ?
Certaines informations doivent être conservées un temps minimal, selon les obligations légales du praticien. Le patient conserve cependant le droit de demander des précisions sur cette durée et sur la nature exacte des données conservées.
La sécurité des données en visio repose sur deux niveaux distincts : le secret professionnel, identique en cabinet et à distance, et l’hébergement technique, encadré par la certification HDS. Ces deux garanties se complètent, mais elles ne dispensent pas non plus le patient d’une vigilance simple, comme éviter un wifi public ou vérifier l’absence d’enregistrement. Je reçois en cabinet à Lingolsheim, près de Strasbourg, et en visio partout en France, dans le cadre de mon accompagnement en thérapie en ligne. Retrouvez aussi mon parcours et mes diplômes avant de réserver.
Pour en savoir plus sur la certification HDS, la fiche officielle est disponible sur le site de l’Agence du Numérique en Santé.
📍 Cabinet : 18 rue du Souvenir, 67380 Lingolsheim (10 min du centre de Strasbourg) 📞 07 82 44 35 03 — du lundi au samedi, 9h–19h, sur RDV 📅 Prendre rendez-vous : réserver en ligne