Une patiente m’a confié qu’elle avait repoussé sa première consultation pendant deux ans. Non pas par manque de temps, mais parce qu’elle craignait de croiser une connaissance dans la salle d’attente d’un cabinet à Strasbourg. Consulter en visio a finalement débloqué la situation, là où le cabinet restait un obstacle.

Ce que j’observe, c’est que cette hésitation touche particulièrement deux sujets : la sexualité et la dépendance affective. Des chercheurs en santé publique décrivent un phénomène d’auto-stigmatisation, qui pousse certaines personnes à minimiser ou reporter une consultation par crainte du jugement, même quand personne ne les juge réellement. Cet article explique pourquoi consulter en visio peut lever ce frein, et dans quels cas ce choix a du sens. Psychothérapeute et sexologue formée à l’Université Paris Descartes, j’accompagne justement ce type de situations à Lingolsheim et en visio partout en France.

Pourquoi le cabinet peut être un frein pour certaines personnes ?

Une salle d’attente expose. On peut y croiser un voisin, un collègue, une connaissance du quartier. Dans une ville comme Strasbourg, et plus encore dans une commune comme Lingolsheim, ce risque paraît minime statistiquement, mais il pèse lourd psychologiquement pour certains patients.

Ce frein est particulièrement fort sur deux sujets. La sexualité d’abord : parler de vaginisme, d’anorgasmie ou de baisse de désir reste difficile à envisager face à quelqu’un, même en cabinet fermé. La dépendance affective ensuite : reconnaître un besoin de validation permanent touche directement l’image de soi, ce qui pousse certaines personnes à retarder ou éviter la démarche.

Ce frein n’a rien d’irrationnel. Il repose sur une peur du jugement social, souvent renforcée par le silence qui entoure encore ces sujets. Une personne qui hésite à consulter pour une éjaculation précoce ou une dépendance affective n’exagère pas sa gêne : elle anticipe une exposition qu’elle juge disproportionnée par rapport à ce qu’elle vit déjà seule.

En quoi consulter en visio change la donne ?

La visio supprime la salle d’attente. Le patient reste dans son propre espace, sans traverser un lieu public pour y accéder. Ce détail, en apparence logistique, change en réalité beaucoup pour les personnes concernées par la pudeur ou la honte.

L’écran crée aussi une distance qui, paradoxalement, facilite parfois la parole. Certains patients formulent en visio, dès la première séance, des éléments qu’ils n’auraient pas abordés aussi vite en face-à-face. Ce n’est pas systématique, mais c’est un effet que j’observe régulièrement. Ce mécanisme reste connu en psychothérapie sous une forme différente : parler à un tiers sans contact visuel direct, comme au téléphone ou par écrit, abaisse parfois la charge émotionnelle d’un premier aveu. La visio se situe entre les deux formats. Le lien reste humain et incarné, mais la distance de l’écran garde un effet protecteur pour les sujets les plus difficiles à formuler.

La visio convient-elle à tous les sujets sensibles ?

Pas automatiquement. La visio facilite la démarche pour la grande majorité des situations liées à la pudeur ou à la honte. Elle reste cependant à adapter selon le contexte de vie de chacun.

Une personne qui ne dispose d’aucun espace confidentiel chez elle peut se retrouver plus exposée en visio qu’en cabinet, pas moins. Dans ce cas précis, je recommande d’abord de trouver un moment où la confidentialité est réellement assurée, avant d’envisager la visio comme solution à la pudeur.

Faut-il expliquer ce choix au thérapeute avant de démarrer ?

Non, ce n’est pas nécessaire. Choisir la visio par pudeur ne demande aucune justification particulière. La plupart des patients ne mentionnent d’ailleurs jamais explicitement ce motif : il se devine souvent dans la façon dont la première séance se déroule, sans qu’il soit besoin d’en parler directement.

Certains patients préfèrent tout de même le nommer, dès la prise de contact. Cela peut aider à ajuster certains détails pratiques, comme le choix entre le même écran ou deux écrans séparés pour un suivi de couple, ou le rythme des séances en début de suivi. Ce n’est cependant jamais une condition pour être reçu en visio.

Ce que j’observe dans mon cabinet à Strasbourg

Un patient concerné par une éjaculation précoce avait annulé deux rendez-vous en cabinet, sans donner de raison précise. Une fois passé en visio, il a pu aborder le sujet dès la première séance, sans détour. Le simple fait de ne pas s’asseoir physiquement face à moi a suffi à réduire l’appréhension initiale. Nous avons pu, dès cette première séance, nommer précisément le trouble et poser les bases d’un travail structuré, alors que deux tentatives en cabinet n’avaient abouti à rien.

Une autre patiente, suivie pour une dépendance affective, m’a expliqué avoir longtemps évité toute consultation par peur d’être vue en train d’entrer dans un cabinet de psychothérapie. Le passage en visio n’a rien changé au contenu du travail thérapeutique. Il a seulement permis que la démarche commence, deux ans plus tôt que prévu selon ses propres mots. Ce délai de deux ans n’a rien d’exceptionnel : il illustre simplement combien la pudeur peut retarder une consultation par ailleurs jugée nécessaire depuis longtemps.

Questions fréquentes

Pourquoi certaines personnes préfèrent-elles consulter en visio plutôt qu'en cabinet ?

La visio supprime l’exposition d’une salle d’attente et le risque de croiser une connaissance. Pour des sujets liés à la pudeur, comme la sexualité ou la dépendance affective, cette discrétion facilite souvent le passage à l’action.

Le cadre thérapeutique reste identique, quel que soit le canal utilisé. Ce qui change, c’est le confort ressenti par certains patients, qui peut faciliter l’expression de sujets difficiles à aborder en face-à-face.

La confidentialité de la consultation est garantie, comme en cabinet. L’anonymat total n’existe pas davantage qu’en présentiel, mais l’absence de salle d’attente réduit le risque d’être identifié par une personne de son entourage.

Dans ce cas, la visio peut devenir moins protectrice qu’un cabinet fermé. Il est préférable d’identifier un moment ou un lieu réellement confidentiel avant de démarrer un suivi en visio.

Non. La pudeur ou la simple préférence suffisent comme raisons. Le choix du format n’a pas à être justifié auprès du thérapeute.

Oui, ce changement est possible à tout moment du suivi. Certains patients démarrent en visio par pudeur, puis proposent d’eux-mêmes une séance en cabinet une fois la relation thérapeutique installée. Ce passage se décide en séance, sans obligation ni calendrier fixe.

Consulter en visio par pudeur n’est ni un compromis ni une solution de repli : c’est une option à part entière. Je reçois en cabinet à Lingolsheim, près de Strasbourg, et en visio partout en France, pour un accompagnement psychologique en ligne ou pour un suivi de la dépendance affective en visio.

Pour en savoir plus sur les mécanismes de l’auto-stigmatisation en santé mentale, une synthèse est disponible sur le site de l’Université Savoie Mont Blanc.

📍 Cabinet : 18 rue du Souvenir, 67380 Lingolsheim (10 min du centre de Strasbourg) 📞 07 82 44 35 03 — du lundi au samedi, 9h–19h, sur RDV 📅 Prendre rendez-vous : réserver en ligne