Avoir mal pendant les rapports sexuels n’est ni normal, ni « dans la tête » : ces douleurs portent un nom, la dyspareunie, et elles se traitent dans la grande majorité des cas. Dans mon cabinet, je reçois régulièrement des femmes qui ont enduré ces douleurs pendant des années en pensant qu’elles devaient « faire avec », alors que la dyspareunie concerne environ 7,5 % des femmes sexuellement actives selon les données françaises. Cet article vous explique ce qu’est précisément la dyspareunie, d’où viennent ces douleurs pendant les rapports, et quelles solutions existent, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Formée à la santé sexuelle à l’Université Paris 5, je travaille toujours en lien avec les médecins, parce qu’une douleur sexuelle mérite d’abord d’être comprise avant d’être interprétée.

Femme ressentant une douleur au bas-ventre, illustration de la dyspareunie, sexologue à Strasbourg

Qu’est-ce que la dyspareunie ?

La dyspareunie désigne une douleur génitale récurrente ressentie avant, pendant ou après un rapport sexuel, déclenchée par la pénétration ou la tentative de pénétration. Elle touche surtout les femmes, mais peut aussi concerner les hommes. On en distingue deux grandes formes selon la localisation: la dyspareunie superficielle (ou d’intromission), ressentie à l’entrée du vagin dès le début de la pénétration, et la dyspareunie profonde, ressentie dans le bas-ventre ou au niveau du col lors d’une pénétration plus profonde.

On parle de forme primaire quand la douleur existe depuis les premiers rapports, et secondaire quand elle apparaît après une période de sexualité sans douleur. Côté chiffres, une enquête française portant sur près de 9 000 femmes situe la prévalence à 7,5 %, avec deux pics : les femmes de 55 à 64 ans (10,4 %) et les plus jeunes, de 16 à 24 ans (9,5 %).

Une confusion fréquente mérite d’être levée : la dyspareunie n’est pas le vaginisme. Le vaginisme est le vaginisme et sa contraction réflexe du périnée qui empêche ou rend très douloureuse la pénétration ; la dyspareunie est une douleur qui survient malgré une pénétration possible. Les deux peuvent toutefois coexister et s’entretenir.

D’où viennent les douleurs pendant les rapports ?

C’est le point le plus important de cet article : la dyspareunie est le plus souvent d’origine organique. Avant tout, il faut donc penser au corps. Les causes physiques les plus fréquentes sont la sécheresse vaginale (très courante à la ménopause, pendant l’allaitement ou sous certaines pilules), les infections (mycoses, cystites, IST), l’endométriose, les suites d’accouchement, les cicatrices d’épisiotomie ou encore certaines affections cutanées de la vulve.

Le post-partum est une période particulièrement concernée : une cohorte de suivi a retrouvé environ 85 % de douleurs lors du premier rapport après l’accouchement, et encore près de 22 % à dix-huit mois. C’est dire si ces douleurs sont fréquentes et trop souvent passées sous silence.

Vient ensuite la composante psychologique, qui s’ajoute presque toujours à la cause physique, même quand elle n’est pas à l’origine du problème. Ce que j’observe après quinze ans de pratique, c’est un mécanisme implacable : une première douleur installe l’appréhension, l’appréhension crée une tension involontaire et une moindre lubrification, ce qui aggrave la douleur au rapport suivant. La douleur initiale peut disparaître, mais la peur, elle, continue de la reproduire. À cela s’ajoute souvent une baisse de désir sexuel, conséquence logique : le corps n’a aucune envie d’aller vers ce qui fait mal, les douleurs sont d’ailleurs associées à une baisse de libido dans plus de 60 % des cas.

Comment traite-t-on la dyspareunie ?

La dyspareunie se traite, mais l’approche dépend entièrement de la cause. Voici la logique que je suis avec les patientes de mon cabinet.

Première étape : le bilan médical

Avant tout travail sexologique, je recommande systématiquement une consultation chez un médecin, un gynécologue ou une sage-femme. L’objectif est d’écarter ou de traiter une cause physique : prescrire un lubrifiant ou un traitement hormonal local en cas de sécheresse, soigner une infection, explorer une endométriose. Tant que la cause organique n’est pas prise en charge, aucun travail psychologique ne tiendra.

La sexothérapie et la désensibilisation progressive

Une fois le terrain médical assaini, le cœur du travail consiste à désamorc er la peur de la douleur. J’utilise les principes du sensate focus de Masters & Johnson : on suspend temporairement l’objectif de pénétration pour réapprendre, par étapes, un contact corporel sans douleur ni enjeu. Cette désensibilisation progressive réapprend au corps que l’intimité n’est pas synonyme de souffrance. On compte en général quelques semaines à quelques mois selon l’ancienneté.

Travail du plancher pelvien

Quand la douleur entretient une crispation du plancher pelvien, un travail périnéal, souvent en lien avec un kinésithérapeute ou une sage-femme spécialisée,  aide à relâcher ces muscles. Je coordonne volontiers l’accompagnement sexologique avec ces rééducations.

L’hypnose et la thérapie brève pour la composante psychique

Quand l’anxiété et l’anticipation dominent, l’hypnose ericksonienne permet, en état hypnotique, de défaire le réflexe douleur-tension et de réinstaller des sensations apaisées. Formée à la thérapie systémique brève (Nardone/LACT), je privilégie aussi les interventions orientées solutions qui cassent rapidement le cercle vicieux d’appréhension, plutôt qu’une longue exploration du passé.

Ce que j’observe dans mon cabinet à Strasbourg

Un profil très fréquent dans mon cabinet de Lingolsheim : une jeune maman qui, plusieurs mois après l’accouchement, redoute chaque rapport. La cicatrisation est terminée, mais le corps a gardé la mémoire de la douleur. Le travail porte alors autant sur le relâchement que sur la communication dans le couple, et les choses se débloquent souvent vite.

Autre situation récurrente : une femme à la ménopause dont la sécheresse vaginale a installé des douleurs, puis une appréhension qui a fini par éteindre le désir. Une fois le volet médical réglé avec son médecin, quelques séances suffisent fréquemment à dénouer la peur. Dans les deux cas, mettre des mots sur le mécanisme apporte déjà un soulagement réel.

Questions fréquentes

Est-ce normal d’avoir mal pendant les rapports ? Non, la douleur pendant les rapports n’est jamais « normale », même si elle est fréquente. Elle signale toujours quelque chose, qu’il s’agisse d’une cause physique ou d’une appréhension installée. Des solutions existent dans la grande majorité des cas, à condition d’en parler à un professionnel.

Comment savoir si ma douleur est physique ou psychologique ? Seul un bilan médical permet de trancher avec certitude, c’est pourquoi il vient toujours en premier. En pratique, une douleur localisée et constante oriente vers une cause physique (sécheresse, infection, endométriose), tandis qu’une douleur fluctuante, liée au contexte ou à l’anxiété, comporte une forte part psychologique. Les deux coexistent très souvent.

Quelle est la différence entre dyspareunie et vaginisme ? Le vaginisme est une contraction réflexe et involontaire des muscles du périnée qui empêche ou bloque la pénétration. La dyspareunie est une douleur ressentie alors que la pénétration reste possible. Ce sont deux troubles distincts, mais ils s’associent et s’entretiennent fréquemment.

La dyspareunie peut-elle disparaître toute seule ? Parfois, lorsqu’elle est liée à une cause passagère comme une infection ou une période d’allaitement. Mais quand l’appréhension s’est installée, la douleur a tendance à s’auto-entretenir même après la disparition de la cause initiale. Un accompagnement évite alors qu’elle ne s’enkyste.

La ménopause provoque-t-elle des douleurs pendant les rapports ? Oui, c’est l’une des causes les plus fréquentes après 50 ans. La baisse d’œstrogènes entraîne une sécheresse et un amincissement des muqueuses qui rendent la pénétration douloureuse. Des traitements locaux prescrits par le médecin, associés à un travail sur l’appréhension, donnent de bons résultats.

Combien de temps faut-il pour traiter une dyspareunie ? Cela dépend de la cause et de l’ancienneté. Une cause physique traitée se résout vite ; la part psychologique demande en général quelques semaines à quelques mois de sexothérapie. Plus la douleur est ancienne, plus le travail sur l’appréhension prend de l’importance.

Faut-il consulter un médecin ou un sexologue ? Les deux, dans cet ordre. Le médecin ou le gynécologue écarte et traite une cause organique ; le sexologue prend en charge l’appréhension, la tension et la dimension relationnelle. C’est cette double approche qui donne les résultats les plus durables.

Ne plus subir, comprendre et traiter

La dyspareunie n’est pas une fatalité et encore moins une faute : c’est un symptôme qui a des causes identifiables et des solutions concrètes. Si les douleurs durent, commencez par en parler à votre médecin, puis ne restez pas seule avec l’appréhension qui s’installe. Je reçois ces situations en consultation en sexologie à Strasbourg et à Lingolsheim en cabinet .

Prendre rendez-vous : réserver en ligne 📍 Cabinet : 18 rue du Souvenir, 67380 Lingolsheim (10 min du centre de Strasbourg) 📞 07 82 44 35 03 — du lundi au samedi, 9h–19h, sur RDV