Ne plus ressentir d’envie sexuelle alors qu’elle était présente auparavant est l’un des motifs de consultation les plus fréquents dans mon cabinet à Lingolsheim, près de Strasbourg. De nombreuses femmes et de nombreux hommes me consultent en me disant : « Je n’ai plus de désir » ou « Je ne me reconnais plus ».
La baisse de désir sexuel peut être source d’incompréhension, de culpabilité et parfois de tensions au sein du couple. Pourtant, il s’agit d’une difficulté fréquente qui peut avoir de nombreuses causes, qu’elles soient physiques, psychologiques, émotionnelles ou relationnelles.
Dans cet article, je vous explique ce qu’est le trouble du désir sexuel , quelles sont ses causes les plus fréquentes et quelles solutions peuvent permettre de retrouver progressivement une vie intime plus satisfaisante.
Je suis Noura Hincker, sexologue à Strasbourg et Lingolsheim, titulaire d’un Diplôme Universitaire en Santé Sexuelle, et j’accompagne depuis de nombreuses années des personnes confrontées à cette problématique.
Qu’est-ce que la baisse de désir sexuel ?
La baisse de désir sexuel, également appelée trouble du désir sexuel , correspond à une diminution durable, voire à une absence, des pensées, fantasmes et envies d’activité sexuelle, au point de générer une souffrance ou une gêne pour la personne concernée ou pour le couple. Il ne s’agit pas simplement d’une période passagère de fatigue ou de stress.
On parle généralement de baisse de désir lorsque cette situation persiste depuis plusieurs mois et qu’elle est vécue comme une difficulté.
On distingue plusieurs formes de baisse du désir. Primaire concerne les personnes qui n’ont jamais ressenti un désir sexuel important, tandis que la secondaire apparaît après une période où la sexualité était vécue de manière satisfaisante. On parle également de désir généralisé lorsque la baisse concerne l’ensemble des situations et des partenaires, ou de désir situationnel lorsqu’elle survient uniquement dans certains contextes, souvent en lien avec des facteurs relationnels ou émotionnels.
Les études menées sur la sexualité montrent qu’une part importante des femmes et, dans une moindre mesure, des hommes, traversent au cours de leur vie des périodes prolongées de baisse de désir. Il s’agit donc d’une difficulté fréquente, qui peut avoir un impact important sur l’estime de soi, le bien-être personnel et l’équilibre du couple.
D’où vient la baisse de désir sexuel ?
Les causes d’une baisse de désir sexuel sont souvent multiples. Dans la majorité des situations, plusieurs facteurs se combinent et s’influencent mutuellement. Voici ceux que je rencontre le plus fréquemment dans mon cabinet.
Le stress chronique et la charge mentale. C’est la cause la plus fréquente que je rencontre, en particulier chez les femmes qui cumulent vie professionnelle, charge domestique et parentalité. Le désir sexuel demande une forme de disponibilité mentale qui s’effondre en premier quand la charge mentale est trop élevée.
Les facteurs hormonaux. Ménopause, post-partum, contraception hormonale ou andropause modifient directement la production de testostérone et d’œstrogènes, deux hormones centrales dans la régulation de la libido.
Les facteurs relationnels. Les tensions dans le couple, les conflits non résolus, le manque de communication ou l’installation progressive de la routine peuvent avoir un impact significatif sur le désir. Bien souvent, la baisse de libido apparaît avant même que le couple ne prenne conscience d’un malaise relationnel plus profond.
Les traitements médicamenteux. Certains médicaments peuvent diminuer le désir sexuel. C’est notamment le cas de plusieurs antidépresseurs, de certains traitements contre l’hypertension ou encore de certaines contraceptions hormonales.
Les facteurs psychologiques. L’anxiété, une faible estime de soi, une image corporelle dégradée, des expériences sexuelles difficiles ou traumatiques, ainsi que certaines croyances limitantes autour de la sexualité peuvent également contribuer à une diminution du désir.
Comment traite-t-on la baisse de désir sexuel ?
La Sexothérapie et/ou Psychothérapie individuelle
La sexothérapie individuelle est souvent indiquée lorsque la baisse de désir est liée à la relation que la personne entretient avec sa propre sexualité : manque de confiance en soi, croyances limitantes, difficultés émotionnelles, anxiété de performance ou déconnexion de ses sensations.
Formée à la thérapie brève systémique et stratégique (Nardone/LACT),, je privilégie une approche orientée vers les solutions. Ensemble, nous cherchons à comprendre ce qui entretient actuellement la difficulté afin de mettre en place des changements concrets et adaptés à votre situation.
De nombreuses personnes constatent une évolution positive au cours des premières séances, même si chaque parcours reste unique.
La thérapie de couple
Lorsque la baisse de désir est principalement liée à la dynamique du couple, la thérapie de couple peut être particulièrement bénéfique.
Elle permet de restaurer la communication, d’aborder les frustrations ou les non-dits accumulés au fil du temps et de recréer progressivement une intimité plus sereine. L’objectif n’est pas de « forcer » le désir à revenir, mais de créer les conditions favorables à son réinvestissement naturel.
L’hypnothérapie
L’hypnose Ericksonienne peut être un outil précieux lorsque des blocages émotionnels ou inconscients semblent freiner le désir sexuel.
Elle permet notamment de travailler sur l’anxiété de performance, l’image corporelle, certaines peurs ou encore des expériences passées qui continuent d’influencer la sexualité actuelle. En complément de la parole, elle aide à modifier certains automatismes émotionnels et comportementaux qui entretiennent la difficulté.
Les exercices à domicile
Entre les séances, je propose souvent des exercices personnalisés afin de favoriser la reconnexion au corps, aux sensations et au plaisir. Ces exercices peuvent inclure des temps d’observation de soi, des pratiques de relaxation, des exercices de pleine conscience ou encore des activités visant à retrouver progressivement une intimité sans pression de performance.
L’objectif est de permettre à la personne de redevenir actrice de son évolution et d’intégrer les changements dans son quotidien.
Le travail sur les croyances et les blocages sexuels
De nombreuses personnes ont grandi avec des messages négatifs concernant la sexualité : « le sexe est sale », « il faut satisfaire l’autre », « je ne suis pas désirable », « je dois être performant(e) »,etc.
Ces croyances influencent souvent le désir sans que la personne en ait conscience. Le travail thérapeutique permet de les identifier, de les remettre en question et de développer une relation plus libre et plus sereine à la sexualité.
Ce que j’observe dans mon cabinet à Strasbourg
Après plusieurs années d’accompagnement en sexologie, je constate que la baisse de désir sexuel ne traduit pas forcément un manque d’amour ou un problème de couple. Bien souvent, elle apparaît à des périodes de vie où l’équilibre personnel est fragilisé : arrivée d’un enfant, surcharge mentale, stress professionnel, fatigue chronique, difficultés relationnelles ou perte de confiance en soi.
Je rencontre régulièrement des femmes qui culpabilisent de ne plus ressentir le même désir qu’au début de leur relation. Beaucoup pensent que quelque chose ne fonctionne plus chez elles, alors que leur corps tente simplement de s’adapter à une période particulièrement exigeante de leur vie.
Je reçois également des hommes qui interprètent leur baisse de libido comme un manque d’attirance pour leur partenaire ou comme un signe de défaillance personnelle. En réalité, le stress, l’épuisement émotionnel, certaines croyances ou la pression de performance jouent souvent un rôle bien plus important qu’ils ne l’imaginent.
Ce que j’observe le plus souvent, c’est que le désir ne disparaît généralement pas sans raison. Lorsqu’on prend le temps de comprendre ce qui l’influence et de travailler sur les facteurs qui l’entretiennent, il est souvent possible de retrouver progressivement une vie intime plus satisfaisante et plus sereine.
Questions fréquentes
La baisse de désir sexuel est-elle normale ? Une fluctuation du désir au fil de la vie est normale: fatigue passagère, période de stress, changements hormonaux. On parle de trouble quand cette baisse dure depuis plusieurs mois et qu’elle est vécue comme une gêne, pour soi ou pour le couple. Dans ce cas, il est pertinent d’en parler avec un professionnel plutôt que d’attendre que « ça revienne tout seul ».
Combien de temps pour retrouver sa libido ? Il n’existe pas de délai universel. Tout dépend des causes impliquées et de leur ancienneté. Certaines personnes constatent une amélioration dès les premières séances, tandis que d’autres ont besoin d’un accompagnement plus long. L’essentiel est d’identifier les facteurs qui entretiennent la difficulté afin d’agir de manière adaptée.
Faut-il consulter seul ou en couple pour une baisse de désir ? Les deux formats sont possibles et pas exclusifs : une consultation individuelle permet d’abord de clarifier ce qui appartient à la personne elle-même, avant d’éventuellement intégrer le partenaire dans un second temps. Si la baisse de désir est clairement liée à la dynamique du couple, démarrer directement par une consultation à deux a souvent plus de sens.
La baisse de libido peut-elle être liée à la pilule contraceptive ? Oui, certaines contraceptions hormonales peuvent diminuer la production de testostérone libre, ce qui impacte directement le désir chez certaines femmes. Si vous suspectez ce lien, en parler avec votre gynécologue pour envisager un changement de méthode est une première étape pertinente, en parallèle d’un accompagnement si la baisse persiste après ajustement.
Quand consulter un sexologue pour une baisse de désir ? Dès que la situation devient source de souffrance, de culpabilité, de frustration ou de tensions dans le couple. Il n’est pas nécessaire d’attendre que le problème s’aggrave. Plus la prise en charge est précoce, plus il est généralement facile de retrouver un équilibre satisfaisant.
L’hypnose peut-elle aider en cas de manque de désir sexuel ? Oui, dans certaines situations. L’hypnose peut être particulièrement utile lorsque la baisse de désir est liée à l’anxiété, au stress, à un manque de confiance en soi, à une image corporelle négative ou à certaines expériences de vie qui continuent d’influencer la sexualité.
En favorisant un état de détente profonde, l’hypnose aide à diminuer les tensions émotionnelles et à modifier certains automatismes qui peuvent freiner l’expression du désir. Elle est généralement utilisée en complément d’un accompagnement en sexothérapie afin de favoriser une relation plus sereine à soi-même, à son corps et à sa sexualité.
Pour aller plus loin
La baisse de désir sexuel est une difficulté fréquente qui peut toucher aussi bien les femmes que les hommes à différentes périodes de leur vie. Elle ne signifie pas nécessairement qu’il existe un problème dans le couple ou que l’attirance a disparu. Bien souvent, plusieurs facteurs se combinent : stress, fatigue, charge mentale, difficultés relationnelles, manque de confiance en soi ou événements de vie particuliers.
Comprendre ce qui influence votre désir est souvent la première étape vers un changement durable. Avec un accompagnement adapté, il est possible de retrouver progressivement une relation plus sereine à sa sexualité et à son intimité.
Noura Hincker : Sexologue, hypnothérapeute et psychothérapeute 18 rue du Souvenir, 67380 Lingolsheim (10 min du centre de Strasbourg) Téléphone : 07 82 44 35 03 Prendre rendez-vous en ligne : crenolibre.fr