Le vaginisme, c’est l’impossibilité d’une pénétration vaginale à cause d’une contraction involontaire des muscles du plancher pelvien et dans la grande majorité des cas, il se soigne. Dans mon cabinet, je reçois régulièrement des femmes persuadées d’être « cassées » ou « anormales », alors que ce trouble représente 6 à 15 % des consultations en sexologie selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Cet article vous explique ce qu’est réellement le vaginisme, d’où il vient, et comment on le traite concrètement, étape par étape. Je suis Noura Hincker, sexologue à Strasbourg et Lingolsheim, titulaire d’un DU en Santé Sexuelle (Université Paris 5), et j’accompagne ce trouble depuis plus de quinze ans.

Femme apaisée après une prise en charge du vaginisme avec Noura Hincker, sexologue à Strasbourg et Lingolsheim

Qu’est-ce que le vaginisme exactement ?

Le vaginisme est une contraction réflexe et involontaire des muscles qui entourent l’entrée du vagin (le tiers externe, principalement le plancher pelvien). Cette contraction ferme l’orifice vaginal et rend la pénétration douloureuse, voire totalement impossible pendant un rapport, mais aussi à l’insertion d’un tampon ou lors d’un examen gynécologique. 

Point important que je rappelle à chaque patiente : ce n’est pas une décision, ni un manque de volonté. Le corps verrouille tout seul, contre votre gré.

On distingue deux formes :

  • Le vaginisme primaire : il est présent depuis les toutes premières tentatives de pénétration. La femme n’a jamais pu avoir de rapport pénétratif, parfois depuis plusieurs années, malgré le désir et l’amour pour son partenaire.
  • Le vaginisme secondaire : il apparaît après une période de sexualité sans difficulté, souvent à la suite d’un accouchement, d’une intervention, d’une infection douloureuse, d’une ménopause ou d’un événement émotionnel marquant.

Le vaginisme se distingue de la dyspareunie (les douleurs pendant les rapports sans verrouillage complet), même si les deux coexistent fréquemment. Le DSM-5 les regroupe d’ailleurs désormais sous l’appellation « trouble lié à des douleurs génito-pelviennes ou à la pénétration », ce qui reflète bien leur parenté clinique.

Côté chiffres, la prévalence est difficile à établir car le trouble reste tabou et sous-diagnostiqué. Le CNGOF estime qu’il touche environ 1 % des femmes en âge de procréer en France, tandis que la littérature internationale retient une fourchette plus large de 5 à 7 % selon les critères diagnostiques. Pour donner un ordre de grandeur des douleurs associées, l’enquête nationale « Contexte des Sexualités en France » (CSF-2023, INSERM/ANRS-MIE) situe la dyspareunie autour de 7 à 10 % des femmes.

D’où vient le vaginisme ?

Ce que j’observe après quinze ans de pratique, c’est qu’il y a rarement une cause unique. Le vaginisme fonctionne comme une boucle : une première expérience douloureuse ou angoissante installe une peur, la peur déclenche la contraction, la contraction provoque la douleur, et la douleur renforce la peur. C’est ce cercle qu’il faut casser, et c’est une bonne nouvelle car une boucle se défait.

Les facteurs les plus fréquents, par ordre d’apparition dans mon cabinet :

  • L’anxiété et l’anticipation de la douleur. C’est de loin le moteur principal. Le vaginisme se comporte cliniquement comme une phobie : le corps anticipe le danger et se protège. Des études néerlandaises ont d’ailleurs montré que le traiter comme une phobie spécifique, par exposition progressive, donne des résultats significatifs.
  • Une éducation où la sexualité a été associée à l’interdit, au danger ou à la faute. Beaucoup de mes patientes ont intégré très tôt l’idée que « ça fait mal » ou que « ça ne se fait pas ».
  • Un vécu traumatique : agression, rapport forcé, examen médical brutal, accouchement difficile. Quand cette dimension est présente, je l’aborde avec une attention particulière, voir mon accompagnement des conséquences d’un traumatisme sexuel.
  • Une cause physique initiale (mycose à répétition, sécheresse, endométriose, cicatrice post-partum) qui a déclenché la première douleur, même si le trouble persiste ensuite une fois la cause organique traitée.

Une vignette qui revient souvent : une femme parfaitement épanouie dans sa vie, brillante professionnellement, qui vit le vaginisme comme un secret honteux et finit par éviter toute intimité par peur de « décevoir ». La honte fait alors autant de dégâts que le symptôme lui-même.

Comment traite-t-on le vaginisme ?

Le vaginisme se traite par une approche qui combine le corps et la dimension émotionnelle, jamais l’un sans l’autre. Voici les leviers que j’utilise, généralement en parallèle.

La désensibilisation progressive

C’est le cœur du traitement. Il s’agit de réhabituer le corps à la pénétration par étapes très graduées et sans douleur,  d’abord par le toucher, puis avec des dilatateurs vaginaux de diamètre croissant, toujours au rythme de la patiente, jamais dans la performance. L’objectif n’est pas « d’y arriver vite », mais de désamorcer le réflexe de contraction. Cette technique est recommandée en première intention et constitue le socle reconnu de la prise en charge.

La thérapie brève orientée solution

Formée à la thérapie systémique brève (Nardone/LACT), je privilégie les approches qui dénouent la boucle plutôt que l’analyse exhaustive du passé. Concrètement, on identifie ce qui entretient le trouble aujourd’hui (les évitements, l’anticipation, les « tentatives de solution » qui aggravent le problème) et on les remplace par des expériences correctrices. Sur un trouble qui fonctionne en cercle vicieux, cette logique est particulièrement efficace.

L’hypnose ericksonienne

L’hypnose permet de travailler directement sur l’anxiété et le réflexe de contraction, en installant un état de détente où le plancher pelvien peut relâcher. C’est un appui précieux pour les patientes très tendues, en complément de la désensibilisation.

La rééducation périnéale

Souvent menée avec une kinésithérapeute ou une sage-femme, elle aide à reprendre conscience de ces muscles, à les contrôler et à les relâcher volontairement. Elle se prescrit et se rembourse.

L’implication du partenaire

Quand il y a un couple, je l’intègre presque toujours, sans pression de performance. Le partenaire n’est ni un spectateur ni un « problème » : il devient un allié dans la désensibilisation. Si la relation est tendue par des années de difficultés, un travail de thérapie de couple à Strasbourg peut accompagner la démarche.

Combien de temps et avec quels résultats ? La durée varie selon l’ancienneté du trouble et la présence éventuelle d’un traumatisme : de quelques séances à plusieurs mois. Le pronostic est l’un des plus encourageants en sexologie, les sources cliniques et les recommandations françaises rapportent une résolution dans la grande majorité des cas lorsque la prise en charge est suivie de façon complète et régulière. Je ne promets jamais de guérison garantie, mais le vaginisme fait partie des troubles où l’on obtient le plus souvent un retour à une sexualité sans douleur.

Ce que j’observe dans mon cabinet à Strasbourg

Deux situations reviennent souvent, que je partage de façon anonymisée.

La première : une jeune femme d’une vingtaine d’années, en couple, qui n’a jamais pu avoir de rapport pénétratif (vaginisme primaire). Elle arrive convaincue qu’elle « n’a pas de vagin fonctionnel ». Après un travail combinant désensibilisation progressive, hypnose pour l’anxiété et quelques séances impliquant son partenaire, le verrou cède. Ce qui la libère le plus, en réalité, c’est de comprendre que son corps faisait simplement son travail de protection.

La seconde : une femme après un accouchement difficile (vaginisme secondaire). Là, le corps a associé la pénétration à la douleur de l’épisiotomie. La rééducation périnéale et un travail sur la peur de revivre cette douleur suffisent souvent à rétablir une sexualité apaisée. Dans les deux cas, le point commun est le même : sortir du silence et de la honte change déjà la moitié du problème.

Questions fréquentes sur le vaginisme

Le vaginisme peut-il se soigner définitivement ? Oui, dans la grande majorité des cas. C’est l’un des troubles sexuels au meilleur pronostic lorsqu’il est pris en charge sérieusement. La désensibilisation progressive associée à un travail sur l’anxiété permet le plus souvent un retour durable à une sexualité sans douleur.

Combien de temps dure le traitement du vaginisme ? Cela dépend de l’ancienneté du trouble et de ses causes. Certaines patientes voient une nette amélioration en quelques séances, d’autres ont besoin de plusieurs mois, notamment en présence d’un vécu traumatique. Le rythme reste toujours celui de la patiente.

Faut-il consulter un gynécologue ou un sexologue pour un vaginisme ? Les deux sont utiles et complémentaires. Le gynécologue écarte une cause physique et peut prescrire la rééducation périnéale ; le sexologue traite la dimension anxieuse et comportementale qui entretient le réflexe. Un bilan médical en amont est recommandé.

Peut-on tomber enceinte avec un vaginisme ? La grossesse reste possible, mais le vaginisme rend les rapports pénétratifs difficiles ou impossibles, ce qui complique la conception naturelle. Traiter le vaginisme lève généralement cet obstacle ; des solutions médicales existent par ailleurs si un projet d’enfant est urgent.

Le vaginisme, c’est « dans la tête » ? Ni tout dans la tête, ni purement physique. C’est un réflexe corporel bien réel, déclenché et entretenu par l’anxiété. C’est précisément pour cela que le traitement agit sur les deux plans à la fois : le corps (désensibilisation, rééducation) et l’émotion (hypnose, thérapie brève).

Mon ou ma partenaire doit-il participer aux séances ? Ce n’est pas obligatoire, mais c’est souvent un vrai accélérateur. Impliquer le partenaire, sans aucune pression de performance, aide à transformer l’intimité en terrain d’expérience sécurisant plutôt qu’en source d’angoisse.

Le vaginisme après un accouchement est-il fréquent ? Oui, c’est l’une des causes classiques de vaginisme secondaire. Une cicatrice douloureuse, une sécheresse liée à l’allaitement ou la peur de revivre la douleur peuvent installer le réflexe. La prise en charge donne d’excellents résultats dans ce cas de figure.

Prendre rendez-vous

Le vaginisme se soigne, et il n’a rien à voir avec un défaut de votre part. Si la pénétration est douloureuse ou impossible, en parler à une professionnelle formée est la première marche  et souvent la plus difficile à franchir. Vous pouvez consulter en cabinet ou en visio (France entière).

Pour aller plus loin, découvrez mon approche en consultation de sexologie à Strasbourg et Lingolsheim ou réservez directement votre créneau.

Noura Hincker — Sexologue, hypnothérapeute et psychothérapeute 18 rue du Souvenir, 67380 Lingolsheim (10 min du centre de Strasbourg) Tél : 07 82 44 35 03 · Lundi–samedi, 9h–19h, sur RDV Consultation sexologie individuelle 70 € · couple 90 € · visio 60 € 👉 Prendre rendez-vous en ligne